Le 9 mai 2011, Wouter Weylandt décédait sur le Giro en chutant dans la descente du Passo del Bocco. Deux ans après, le souvenir persiste encore. Mais aujourd'hui, il y avait peu de risques qu'un scénario similaire se reproduise. Cette étape au coeur des Pouilles (sud-est de la Botte) avait un profil très plat, un sprinteur était attendu pour lever les bras sur la ligne d'arrivée à Margherita di Savoia.

Bradley Wiggins en difficulté

Les deux échapées australiens de la journée, Cameron Wurf (Cannondale) et Jack Bobridge (Blanco) n'ont même pas fait illusion, le peloton les rattrapant à 35 km de l'arrivée. Mais dans cette étape courte (169 km) et calme sur le papier, un élément est venu troubler la quiétude des équipes de sprinteurs : au premier passage sur la ligne d'arrivée, une grosse chute retarde près de 50 coureurs, alors qu'il reste 33 km à parcourir. Parmi eux, le vainqueur du Tour de France de l'an dernier, Bradley Wiggins, victime d'une crevaison un peu plus tôt. Mais "Wiggo" est plutôt heureux dans son malheur : seul deux de ses coéquipiers sont restés dans le peloton, qui essaie de créer un trou avec les lâchés (près d'une minute d'avance au mieux). Les Sky, en bons vainqueurs du contre-la-montre par équipes, refont leur retard et le peloton est à nouveau regroupé 15 kilomètres après la cassure.

Les sprinteurs peuvent alors se placer avec l'aide de leurs coéquipiers, l'attaque de Marco Marcatto (Vacansoleil) à deux kilomètres de l'arrivée est bénigne, le dénouement peut normalement s'effectuer. Entre Nacer Bouhanni (FDJ), Elia Viviani (Cannondale), Mark Cavendish (Omega Pharma - Quick Step) et Matthew Goss (Orica GreenEdge), le Britannique reste le plus fort. Il devance sur la ligne Viviani et Goss. Bouhanni, quatrième, peut à nouveau avoir des regrets : les étapes se terminant par un sprint massif commencent à se faire de plus en plus rares. Luca Paolini garde le maillot rose.

Demain, les coureurs remonteront plus au Nord, dans les Abruzzes, pour une étape entre San Salvo et Pescara. Une étape courte encore (162 km), mais loin d'être simple. Les ascensions et les descentes se succéderont à un rythme soutenu, un parcours que certains membres du peloton connaissent bien car cette étape se court sur les terres du Tirreno-Adriatico. 5 km de plat pour finir, mais le peloton aura perdu quelques-uns de ses membres.