Mourinho, l'élément déclencheur

Le 28 Mai 2010 José Mourinho est annoncé à la tête du Real Madrid. Une première saison où Iker Casillas reste l'indiscutable titulaire tout au long de la saison, étant même auteur de parades décisives lors de la victoire en finale de Coupe du Roi. Un but de Cristiano Ronaldo dans les prolongations offre le premier titre sous l'ère Mourinho, face à l'ennemi catalan. 
 
La deuxième saison, Casillas est  toujours numéro un, incontesté. Le Real Madrid écrase la Liga, record de points, record de buts. Et une demi-finale de Ligue des Champions, comme lors des trois années de Mourinho à la tête du club.
 
C'est lors de la troisième saison que tout se complique.          
  Le 22 Décembre 2012, José Mourinho titularise Antonio Adan. Iker Casillas est rétrogradé sur le banc de touche. Une surprise. Un coup de théâtre. Lorsque l'on demande au Portugais, "Pourquoi ce choix?" La réponse est...  "Mourinhesque".
 
"C’est une décision technique. Je suis l’entraîneur, je décide. J’ai analysé la situation et j’ai choisi l’équipe. Adán est meilleur que Casillas. Vous pouvez inventer ce que vous voulez, mais c’est une décision purement technique." 
 
Une réponse qui n'a convaincu personne. La presse s'emballe, se lâche, sur la relation tendue entre les deux hommes. Il remet cependant Casillas rapidement, par obligation. Adan, pas lancé dans les meilleures conditions, certainement pris par le stress, rate complètement une sortie se faisant expulser.
 

    Casillas souffre en silence. L'équipe avant tout.

                                                                                                                                         

 

                                                                                                                                                                   "La pire saison de ma vie"
 
                                                                      
        
Tout le monde le sait, le savait, Iker Casillas souffre. Ses proches le disent, ils sont inquiets, Iker va mal. Et pourtant, San Iker ne se plaint pas, ne se confie pas ouvertement sur ses états d'âmes durant la saison pour le bien de l'équipe. 
 
C'est la fin de saison, le madrilène avoue qu'il a passé "la pire année de ma vie", qu'il s'est "tu à plusieurs reprises pour le bien du club.", qu'il a même "pensé à quitter le Real Madrid.". Mais, trop amoureux. "Les jours où ça va mal, tu penses que partir est la meilleure solution. Mais j’aime trop Madrid."
L'objectif est toujours le même: "Terminer au Real Madrid"         
 
 

La blessure, Diego Lopez : Mourinho comblé.

 
 
       Janvier 2013, le drame. Alvaro Arbeloa blesse Iker Casillas à la main. Le portier madrilène est annoncé indisponible quasiment trois mois. Le Real Madrid recherche un remplaçant, Adan jugé trop juste.
 
C'est Diego Lopez, formé au club, jouant à Séville, qui est choisi pour à la base, être l'intérimaire. Le Real lui offre un contrat de 3 ans. 
 
L'occasion parfaite pour Mourinho. Diego Lopez surprend tout le monde, ou presque. Il réalise une partie de saison époustouflante. Casillas fait son retour en fin de saison, mais il n'en est rien. Mourinho le prive de toutes participations. Malgré l'impatience de la grande majorité des fans, de revoir l'icône madrilène sur la pelouse.
 
Le Bernabeu gronde. Il conçoit que Lopez termine la saison en numéro un, mais scandalise le fait que le Portugais n'offre pas Iker à ses fans, au moins une fois, symboliquement. Mourinho termine la saison sous les sifflets, Casillas, du banc de touche, sous les ovations, lorsque le speaker prononce son nom. Cela précipitera le départ de celui qui se faisait appeler "The Special One" en fin de saison. Le vestiaire ne veut plus de lui, surtout les cadres. Casillas, Ramos, ou même Cristiano Ronaldo.
 
Le 20 Mai 2013, jour de l'anniversaire d'Iker Casillas, Mourinho est officiellement annoncé partant, il lui restait trois ans de contrat. Pas meilleur cadeau pour San Iker et un Real Madrid en pleine division.
 
 

                                              Ancelotti débarque, mais les vieux démons de Mourinho hantent toujours..

Carlo Ancelotti est nommé à la tête du Real Madrid. Fini les excès d'agressivités sur le terrain, les déclarations chocs d'avant-match et d'après-match. Le calme Ancelotti est choisi pour redorer le blason madrilène, qui a été, au-delà du côté sportif, souillé, bafoué, sali. Retour du football fantastique attendu.
 
Pourtant, Mourinho parti, on s'attendait à ce que ses défendeurs le suivent, ou que les moutons égarés se remettent dans le troupeau madrilène.. Que le Real Madrid divisé sous son ère,  ne redevienne qu'un seul homme. C'était trop beau pour être vrai. Les pro-Mourinho persistent. Ils souhaitent se faire entendre. Ils utilisent les réseaux sociaux tel que Twitter pour se faire entendre.
 
Des "IkerFueraDeMadrid" (Fuera = dehors) apparaissent même sur la toile.
                       Incomprehensible, comment l'enfant madrilène peut-il être, à ce point, pris à parti par des fans du Real Madrid. Des fans du Real Madrid, vraiment? Ou des personnes ayant rejoint le navire madrilène avec Mourinho en 2010? La question mérite d'être posée, ce tel manque de respect au vu de ce qu'a toujours défendu Iker Casillas ne mérite peut-être pas l'étiquette de Fan du Real Madrid.  Avant l'arrivée du Portugais, qui déclarait il y a une dizaine d'année que Barcelone était son club de coeur, l'anti-Casillas n'existait pas.  
 
18 Août, reprise de la Liga, premier match officiel sous l'ère Ancelotti, première bombe : Iker Casillas sur la touche, Lopez titulaire !   
 
Un choix contesté, mais respecté. Ancelotti se justifiera brièvement : "Cela s'est joué à quelques détails. Je ne sais pas qui jouera le prochain match".
 
Quatre jours plus tard, le 22 Août, retour du légendaire Raul à Bernabeu, Casillas titulaire, mais alors qu'une petite partie du Bernabeu siffle Iker Casillas à ses premiers touchés de balles, l'autre grande partie réagit. Iker ovationné, des "Iker, Iker" retentissent dans l'enceinte du Santiago Bernabeu. Diego Lopez est alors sifflé lorsqu'il part à l'échauffement..     
 
Dans la foulée, un sondage du journal pro-madrilène Marca, démontre que 63% des votants (+72.000 personnes), veulent voir Iker Casillas titulaire. Cela n'y change rien. Le 26 Août, deuxième journée de Liga, une fois encore, Casillas sur la touche, Lopez titulaire. Un Bernabeu divisé, penchant  tout de même pour Casillas.   
 
Ancelotti est direct : "Lopez a joué le premier match, puis le deuxième, il a été bon. Rien de plus".           
 
 

Que reprochent-ils vraiment à Casillas ?

Deux choses surgissent. La première, le Portugais, ennemi public numéro un des journalistes, reprochait justement la très bonne relation du capitaine madrilène avec les médias, les partisans de Mourinho le suivent, Iker est décrié de taupe. Une relation que Casillas ne compte pourtant pas changer puisqu'il a toujours été ainsi, et que cela n'a jamais posé de problème auparavant..  "Je ne vais pas changer ma relation avec la presse : vous m’avez vu grandir et inversement."
 
La deuxième, Xavi. En effet, suite aux Clasicos tendus au plus haut point, Casillas et Xavi, les deux coéquipiers et meneurs de la sélection espagnole, amis depuis l'enfance, décident de se rencontre afin d'apaiser les tensions entre les deux camps. Cela a fortement déplu à Mourinho. Le père de Xavi confirme :
 
"Iker a eu des problèmes avec Mourinho à ce sujet. Avec les Clasicos, il y a eu des moments très compliqués. Des joueurs, coéquipiers en équipe nationale, ont failli perdre leur amitié. On l'a vu avec Arbeloa, Sergio Ramos et Xabi Alonso. Ils ne se sont pas toujours bien comportés avec leurs partenaires de la 'Roja (et inversement..). La sélection espagnole n'aurait jamais été aussi loin sans Xavi et Casillas."
 
 

Un traitement justifié ?

Evidemment, non. Du moins, si l'on connait réellement Iker Casillas. L'éternel amoureux du Real Madrid, capitaine exemplaire sur et hors du terrain. 
 
Iker Casillas a toujours eu de très bons rapports avec la presse, le portier et capitaine se rend  souvent face à la presse (aussi par le fait d'être capitaine) et ne repousse que très rarement les micros. Une attitude que l'on lui reproche depuis l'ère Mourinho, et pourtant, cela marche ainsi depuis plus de dix ans, et cela n'a jamais posé autant problème. A qui la faute? A un José Mourinho qui déteste la presse, qui a vu cela d'un très mauvais oeil. Ajoutons à cela que la compagne d'Iker Casillas n'est d'autre qu'une journaliste espagnole.
 
Alors est-ce vraiment condamnable? Pourquoi lui reprocher ce rapport avec la presse seulement aujourd'hui? 
Chacun s'y fera son opinion.
 
Xavi - Casillas : une amitié plus forte que le football, plus forte que Mourinho.
 
La séléction nationale n'est-elle pas elle aussi importante? La réponse est non pour José Mourinho, mais la réponse est évidemment oui pour les intéressés. 
Peut-on vraiment en vouloir à Iker Casillas d'avoir souhaité rencontrer Xavi Hernandez, l'autre meneur de la sélection espagnole, du camp ennemi certes, mais aussi l'ami d'enfance d'Iker, pour le bien de leur sélection nationale? Ce serait inhumain. C'est inhumain.              
 
Ne serait-ce pas plutôt un geste à saluer ? Non pas du fait d'avoir vu un joueur de Barcelone, ennemi. Mais d'avoir permis d'apaiser les tensions, à si peu de temps de l'euro. De se retrouver dans de bonnes conditions, dans un climat détendu, et de passer outre les rivalités Barcelone - Real Madrid, le temps d'une compétition. 
L'Espagne remporte l'Euro 2012.  
 

 

 
 

Quel avenir pour Iker ?

                                                        Sur le départ ?                                                                                                 
 
Casillas remplaçant, les rumeurs fusent, la presse se régale. On l'annonce à Manchester United, à Arsenal ou encore au PSG.. Du blabla. Il est évidemment qu'Iker Casillas ne partira pas cet été. Et qu'il ne songe pas à partir. San Iker n'a qu'un rêve, un objectif, terminer sa carrière où tout a commencé pour lui. 
Le portier madrilène s'est d'ailleurs prononcé à ce sujet. Il a déclaré qu'il ne comptait pas partir. Qu'il allait "travailler dur, se battre pour avoir sa place", et qu'il ne "réflechirait à partir, si, et seulement si le club n'avait plus besoin de lui..."
 
Un retour en force ?
 
Envisageable. Probable. Malgré cette blessure et cette baisse en régime du portier espagnol, il ne faudrait pas l'enterrer trop vite. N'oublions pas qui est Iker Casillas. L'homme qui est titulaire indiscutable au Real Madrid et en sélection nationale depuis plus de dix ans. Qu'il est élu depuis cinq ans de suite meilleur gardien du monde. Qu'il a déjà envoyé ce même Diego Lopez hors piste par le passé. 
 
Il est vrai que ce Diego Lopez là, est fantastique. Mais un retour en forme, en grâce, d'un San Iker ne semble pas avoir d'égal. Iker Casillas, le superman, le super-héros.
 
 
 
 
Chaque invidivu se forgera de par lui-même son opinion. Beaucoup de choses peuvent être contesté, remises en cause et notamment le côté sportif... Cependant, il y a bien une chose qui est indiscutable : c'est l'amour d'Iker Casillas pour le Real Madrid.
 
Quoi qu'il en soit, le Real Madrid doit rapidement s'unir à nouveau, et non se diviser..